dimanche 30 novembre 2008

Back dans les bacs

A 18h47 ce samedi 13 novembre, Géraldine Blondinet finit de récurer le lino du salon de son petit deux pièce de la banlieue de Lyon. Elle avait passé exactement 43 minutes à récurer à la brosse à dent les 53 centimètres carrés du sol verdâtre sur lesquels s'étaient répandu l'urine du Chat, le chien qu'elle avait hérité de sa belle mère quelques semaine plutôt dont elle ignorait le nom et qu'elle avait baptisé ainsi par mépris pour la pauvre bête. Le ménage et la précision maniaque, c'était là les deux choses sur lesquels Geraldine se concentrait pour se détourner des deux fléau qui rongeaient son esprit. Elle avait essayé la musique, le sport, les mots croisés, des chiffres et des lettres, tout l'avait lassé, alors que l'entretient de son minuscule logement était toujours nécessaire et la rigueur un complément utilisable à loisir, contrairement à Bertrand Renard qui ne se la ramenait avec ses consomnes et ses voyelles qu'une demie heure par jour. Sans ces occupations, elle ne pouvait s'empecher la moitié du temps d'élaborer des plans infectes ayant pour but d'emmerder son entourage voire même parfois de la distraire. Le temps restant, Géraldine se rendait compte de l'égoisme de son attitude froide et calculatrice, elle était alors rongée par le remord. Elle avait donc décidé de nombreuses années au paravant, à l'époque de son mariage, lorsque sa méchanceté avait atteint son paroxisme, que pour elle le Paic citron, l'eau de javel, les centimes et les secondes seraient de parfaits substitus à la reflexion. Maintenant qu'on lui avait choisi un mari il pouvait bien réfléchir à sa place, les seuls questions que son cerveau devait êtres capables d'abborder seraient le choix du repas du soir et du parfum de la lessive, le reste serait en veille. Non, tout compte fait le menu et le parfum c'était déjà trop, elle cuisinerait chaque semaine la même chose et prendrait la lessive la moins chère. Et cela avait fonctionné durant des annés jusqu'à la mort de son mari broié par un camion poubelle alors qu'il était tombé ivre mort dans une benne à ordure un soir qu'il avait trop bu pour oublié l'idiote imbaisable que ses parents lui aivaient choisi pour épouse et qu'il avait accepté car ce n'était qu'un lache sans conviction. Cela s'était produit sept ans, dix mois et vingt et un jours plus tot, Géraldine avait eu ensuite quelques semaines de répit, accablé par la tristesse. Non pas celle de la perte de l'étranger ayant partagé son lit les deux ou trois qui suivirent leur mariage, mais celle du changement de son quotidient et de la toute nouvelle solitude qui s'emparait d'elle. En effet une présence, même endormie dans la pièce voisine ou plongée dans la lecture de Chasse et Pêche est une présence quand même, et attendre une personne qui ne se donnera pas la peine de vous saluer ou qui ne rentrera pas, c'est déjà attendre quelqu'un. Une fois seule donc, elle n'eu d'autres choix que de se remettre à prendre des descisions. Sa vie rebascula un mardi matin, jour de marché, lorsqu'elle s'aperçut qu'elle ne pouvait plus faire les courses pour deux, qu'elle devait refaire les listes qu'elle avait utilisé des années et des années durant. C'est alors que son cerveau éteint s'était rallumé et avec lui était revenue l'idée de faire chanter le voisin du dessous qu'elle avait surpris avec sa maitresse. Depuis ce jour, elle avait repris sa lutte de ses deux vieux démons.

A suivre...

Posté par titeclara à 01:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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